L’ enquête de plusieurs années est remarquable. Les archives incroyables sont pour beaucoup inédites. Le tout accompagné de témoignages d’historiens est un des meilleurs documentaires historiques réalisé depuis plusieurs années. Il revient sur l’engagement de centaines de Français sous l’uniforme nazi. Les auteurs montrent que loin d’être des combattants lointains de l’armée allemande, entre 1941 et 1945, Légion des Volontaires français, LVF, puis division Charlemagne, ils ont été les auxiliaires zélés de la Solution finale.
Les débuts de la LVF
22 juin 1941, l’Allemagne nazie envahit l’URSS. L’opération Barbarossa commence et enthousiasme le monde des ultras à Paris. Ils comprennent, Jacques Doriot en tête, qu’ils ont une chance de marquer des points auprès des Allemands. Mettant en avant leur anticommunisme, ils décident la création d’une Légion des Volontaires français. Sous l’égide du Maréchal, des pères de familles, des ouvriers, des médecins, des repris de justice, des aventuriers, un enfant de 15 ans, s’engage pour combattre à l’est. Devant 15 000 spectateurs réunis au Vélodrome d’hiver, Doriot, dirigeant du Parti populaire français, galvanise la foule. Il s’engage lui aussi.
Le départ de la LVF
Après un rapide séjour dans une caserne à Versailles, c’est le départ pour Pologne. La plupart n’a jamais tenu une arme, les Allemands leur donnent une instruction de base. Elle ne sera pas suffisante, la majorité n’a jamais eu d’arme entre les mains et ne sait encore moins manœuvrer sous le feu. Les conditions sont terrifiantes. L’hiver est là, la neige, le froid, jusqu’à – 50 fait des dégâts. Beaucoup n’y résistent et sont laissés à leur sort.
Les massacres
A l’automne et l’hiver 1941, quand ils arrivent, les soldats allemands ont déjà une forte expérience de la violence propre à cette guerre. Dès juin 41, les Juifs sont la cible de la Wehrmacht et des Einsatzgruppen. A partir du mois d’août, les femmes et les enfants sont visés eux aussi. A Babi Yar, en Ukraine plus de 30000 juifs sont tués par balle en deux jours. Les Français de la LVF vont prendre leur part à d’autres atrocités en Pologne et en Biélorussie. Loin des témoignages d’après-guerre qui minimisent leurs actions, ils ont tué et massacré, hommes, femmes et enfants juifs et non juifs. Se pose alors la question se comprendre comment des hommes qui ne partagent par la même histoire, la même formation que les soldats nazis ont commis ces meurtres.
Changements à l’Est
Avec le rétablissement d e l’URSS et ses victoires à Koursk, Stalingrad, entre autres, les Allemands reculent. Les volontaires français se font plus rares. De nombreux membres de la LVF rentrent au pays. Ils vont s’engager dans la Milice et apporter avec eux un savoir faire meurtrier. La lutte contre le maquis s’apparente à la lutte contre les partisans biélorusses. Les réactions des miliciens seront les mêmes qu’à l’Est. Il faut terroriser pour éradiquer la menace résistante.
La fin
A l’Est, la situation se dégrade vite. Les Russes sont à Berlin, les Alliés passent le Rhin. Un dernier carré de Français fanatiques ont intégré le Bataillon Charlemagne. Beaucoup finiront leur vie à Berlin en défendant le bunker d’Hitler.
Des archives exceptionnelles
Si beaucoup de travail reste à faire sur le sujet, les auteurs ont débusqué d’incroyables archives. Des films, des photos, des lettres, des archives judiciaires éclairent le parcours de ces hommes qu’on voyait comme des soldats perdus mais qui se révèlent d’authentiques adorateurs d’Hitler et de son idéologie. Ceux qui survivront ne changeront pas d’idées. Ils continueront à propager leurs idées mortifères. Certains nourriront les courants négationnistes. D’autres, l’un n’exclut pas l’autre entreront en politique dans le sillage de Jean Marie le Pen.









