Le site de Vindolanda n’en finit pas de communiquer de nouvelles informations sur la vie dans les camps romains. Une découverte récente révèle que l’hygiène n’y était pas la préoccupation majeure. Il est bien difficile d’étudier l’état de santé des légionnaires romains comme des autres soldats de l’antiquité. Cependant l’analyse des rejets trouvés dans les systèmes d’évacuation d’eaux usées s par des chercheurs de plusieurs universités anglaises révèle une chose. Les hommes cantonnés à Vindolanda, centre de l’Angleterre, soufraient de graves infections dues à des parasites.
Une fouille inédite en Angleterre
En 2019, les fouilles des latrines du camp ont permis le recueil de 58 échantillons de matières. Ces échantillons proviennent du système de drainage construit au IIIe siècle à proximité d’un complexe thermal. Les analyses microscopiques ont identifié deux types de vers : Ascaris (vers ronds) et Trichuris (trichures) et la présence de Giardia duodenalis, un parasite protozoaire présent dans l’eau contaminée.
Trois parasites malgré un système sophistiqué d’évacuation
Les trois parasites identifiés sont transmis en mode fécale-orale. Partant des excréments, ils envahissent l’eau potable ou les aliments avant infecter de nouveaux contacts. La promiscuité qui règne dans un camp militaires augment le risque et la rapidité de la transmission.
La femelle de Ascaris lumbricoides pond jusqu’à 200 000 œufs par jour. Ces parasites reste dangereux plusieurs années dans le sol. Leur éclosion dans l’intestin grêle provoque des douleurs abdominales, des troubles digestifs voire des complications graves si les vers atteignent d’autres organes. La femelle de Trichuris trichiura pond environ 18 000 œufs par jour « seulement ». Sa présence entraine fatigue et anémie.
Le protozoaire Giardia duodenalis vient probablement des sources locales qui alimentaient le fort. Il provoque diarrhées, ballonnements et s’installer durablement dans l’organisme.
Une population sans défense face aux risques sanitaires
L’archéologie change la façon de voir la vie dans un fort comme celui de Vindolanda. La découverte de chaussures d’enfants, de bijoux féminins indique que civils et légionnaires cohabitaient. Les allers et venues, des uns et des autres, favorisaient forcément la diffusion d’agents pathogènes. Les analysent des taux de concentration laissent penser que 10 à 40 % des individus dans l’Empire étaient porteurs de parasites.
Une infection généralisée
Les découvertes faites à Vindolanda sont cohérentes avec celles faites à l’échelle de l’Europe dans les vestiges d’autres camps. Ainsi ceux de Carnuntum (Autriche), de Viminacium (Serbie) et de Bearsden (Écosse), les analyses paléoparasitologiques confirment la prolifération des mêmes parasites.
Source : Marissa L. Ledger et al., “Parasite infections at the Roman Fort of Vindolanda by Hadrian’s Wall, UK”. Parasitology (2025).









