L’avion ayant obtenu le plus de victoires aériennes pendant la Seconde Guerre mondiale est bien le Messerschmitt Bf 109 allemand, avec plus de 15 000 victoires enregistrées pour les seuls 100 meilleurs as l’ayant piloté pendant la guerre, et au total plusieurs dizaines de milliers de victoires aériennes enregistrées, pour tous les fronts. Par Benoist Bihan
Le Messerschmitt n’a pas les meilleurs ratio
L’avion bénéficiant du meilleur ratio est toutefois sans doute le Grumman F6F Hellcat, qui combat dans le Pacifique sur les porte-avions de l’US Navy à partir de 1943 (voir G&H no 13, p.90) : 5 223 victoires attribuées pour seulement 270 pertes en combat aérien, soit un ratio de 19,3 victoires pour une perte. Il faut toutefois se garder d’en conclure qu’il existe un appareil pouvant être qualifié de « meilleur chasseur de la guerre » comme le Messerschmitt Bf 109: en plus de cinq ans, la technologie aéronautique à largement évoluée.Les premières versions du Bf 109 ou du Spitfire britannique, en service au début du conflit, ne partagent avec les dernières que leur aspect général. Par ailleurs, les doctrines d’emploi sont également différentes, de même que la qualité des pilotes. Le tout évolue dans le temps, rendant malaisée une comparaison directe entre les appareils.
Les AS
L’Axe devant les Alliés
Les gros scores des as de l’Axe s’expliquent essentiellement par la faiblesse de leur adversaire soviétique. Deux exceptions : le Japon et l’Italie fasciste, opposée surtout à la RAF en Méditerranée et retirée du front de l’Est début 1943. Par ailleurs, les as alliés originaires d’Europe occupée (dont Pierre Clostermann) combattent
d’abord sous les couleurs de la RAF. À noter que Marcel Albert, du Normandie-Niémen, est également crédité de 23 victoires mais dont 16 sont partagées, selon la règle soviétique.

Infographie Anyform Design
La Luftwaffe, machine à fabriquer des as
L’Allemagne domine sans exagérer ses scores (et même parfois l’inverse), du moins après 1940. Plus suspectes sont les revendications de l’USAAF. Il est vrai qu’elle combat systématiquement au-dessus du territoire ennemi, ce qui complique les vérifications. Côté français, une trentaine d’as proviennent du groupe de chasse 3 (ou « régiment Normandie-Niémen ») engagé par le général de Gaulle aux côtés de l’URSS et qui remporte 273 victoires pour 46 tués — le meilleur score d’une unité tricolore. Vincent Bernard









