Que s’est il passé le 31 mars dans l’histoire militaire ?
31 mars 1547 : mort du roi François Ier

François Clouet
Né en 1494, François Ier appartient à la branche Valois-Angoulême de la dynastie capétienne. Orphelin de père à l’âge de 2 ans, Louise de Savoie, sa mère, l’élève dans un environnement imprégné de culture et d’ambition politique. En 1515, à 20 ans, il succède à son cousin Louis XII, dont il a épousé la fille, Claude, et devient roi de France.
Son règne, qui dure 32 ans, est marqué par les guerres d’Italie contre son éternel rival, Charles Quint, à qui il avait contesté la dignité impériale lors de l’élection de 1519. La postérité a surtout retenu la victoire, éclatante, à Marignan en 1515 et la défaite, humiliante, à Pavie en 1525 mais les deux souverains se sont affrontés jusqu’en 1544. Le rêve italien de François Ier concerne aussi les arts. Il attire Léonard de Vinci à sa cour et fait construire ou agrandir des châteaux, comme Chambord et Blois, inspirés de l’architecture italienne. Désireux de promouvoir les idées de la Renaissance, il fonde le Collège royal (futur Collège de France), gratuit et accessible à tous. François Ier impose également le français comme langue officielle dans les actes administratifs avec l’ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539.
Le souverain laisse un héritage contrasté. S’il incarne l’idéal du prince de la Renaissance, chevalier, lettré et visionnaire, son obsession italienne et sa lutte contre Charles Quint ont mis à mal les finances du pays.
31 mars 1936 : bataille de Mai Cheu

Durant la première guerre italo-éthiopienne, l’armée éthiopienne bat sévèrement l’armée italienne lors de la bataille d’Adoua (1er mars 1896) tandis que le jeune royaume d’Italie cherchait à créer un empire colonial dans la corne de l’Afrique. Quarante ans plus tard, Mussolini profite de la frilosité de la Société des Nations (SDN) pour s’emparer de l’Éthiopie.
En effet, en dépit du traité d’amitié de 1928, les Italiens installent, deux ans plus tard, une garnison dans le fort de Welwel, dans la zone frontalière entre la Somalie italienne et l’Éthiopie. En décembre 1934, une escarmouche entre des soldats éthiopiens et la garnison de Welwel cause la mort de dizaines d’Éthiopiens et Italiens. La SDN, sollicitée par l’empereur d’Éthiopie, Haïlé Sélassié, renvoie les deux parties dos à dos le 3 septembre 1935.
Un mois plus tard, l’Italie envahit l’Éthiopie sans déclaration de guerre. Mussolini envoie près de 500 000 hommes avec l’armement le plus moderne pour conquérir l’un des plus vieux empires connus de l’Histoire. Faiblement armée et peu entraînée, l’Ethiopie résiste tant bien que mal durant sept mois au prix de très lourdes pertes.
À Mai Cheu, les Ethiopiens s’exposent aux avions, chars et gaz de combat italiens qui, en essayant de contre-attaquer massivement et de manière conventionnelle et doivent fuir sous les bombardements
Dès lors, la guerre est perdue même si les combats durent jusqu’en mai.
31 mars 1945 : franchissement du Rhin par le génie de la 1ère Armée française

Source : musée du génie
Le 29 mars, le général de Lattre, commandant la 1ère Armée française, reçoit un ordre direct du général de Gaulle : « Mon cher général, il faut que vous traversiez le Rhin, même si les Américains ne s’y prêtent pas, dussiez-vous le traverser en barques. Il y a là une question d’intérêt national. Karlsruhe et Stuttgart vous attendent, si même elles ne vous désirent pas », marquant sa volonté d’affirmer la place de la France parmi les vainqueurs de la guerre.
Dans la nuit du 30 au 31 mars, les propulsistes du 101e régiment du génie, du 17e régiment colonial du génie et du 211e bataillon de ponts lourds transportent les premiers éléments de la 2e Division d’Infanterie Marocaine près de Germersheim et ceux de la 3e division d’infanterie algérienne du côté du Spire. Malgré les tirs nourris depuis les blockhaus allemands, les régiments d’assaut consolident deux têtes de pont sur la rive est du Rhin, permettant dès l’après-midi la mise en place de ponts flottants puis, le lendemain, de ponts fixes. 130 000 soldats traversent le Rhin en 2 jours et avancent ensuite vers Karlsruhe et Stuttgart.
Le général de Lattre de Tassigny qualifie cette journée de « fierté » pour l’Arme du Génie – sur 90 propulsistes, 34 sont morts ou disparus, une vingtaine blessés. La traversée du Rhin par la 1ère Armée ouvre alors la voie à l’avancée française en Allemagne, jusqu’au Danube, et garantit à la France une zone d’occupation en Allemagne.
31 mars 1954 : l’URSS demande son entrée dans l’OTAN
En 1954, l’Union soviétique, dirigée par Khrouchtchev depuis la mort de Staline l’année précédente, surprend le camp occidental en demandant son adhésion à l’OTAN (organisation du traité de l’Atlantique nord) créée en avril 1949. Cette initiative, formulée officiellement le 31 mars, intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les deux blocs qui s’opposent depuis 1947. Moscou cherche à contrer l’intégration de l’Allemagne de l’Ouest dans l’Alliance atlantique, voulue par les États-Unis malgré les réticences françaises.
L’URSS propose une coopération militaire et politique pour garantir une sécurité collective en Europe, inspirée du pacte interaméricain de Rio (1947). Cependant, les États-Unis et leurs alliés perçoivent cette proposition avec scepticisme. Ils doutent de la sincérité des Soviétiques, dont la démarche semble être une manœuvre stratégique visant à affaiblir l’OTAN. Les négociations sont rapidement bloquées. Les puissances occidentales rejettent la demande en mai 1954, arguant que l’entrée de l’URSS dans l’OTAN est incompatible avec les objectifs défensifs et démocratiques de l’Alliance. En parallèle, l’Allemagne de l’Ouest devient membre officiel de l’OTAN en 1955, renforçant le bloc occidental.
En réponse directe au rejet de leur demande et à l’intégration allemande, Moscou fonde le pacte de Varsovie en mai 1955, regroupant ses satellites d’Europe de l’Est.
31 mars 1971 : condamnation du lieutenant William Calley pour le massacre de My Lai

Le 16 mars 1968, la compagnie « C » à laquelle appartient le lieutenant Calley tue entre 300 et 500 civils, dont des personnes âgées, femmes et enfants, dans le village de My Lai (Vietnam) au cours d’une opération visant initialement un bataillon vietcong.
Les crimes de My Lai sont d’abord signalés en 1969 par les lettres de l’ancien GI Ron Ridenhour aux autorités militaires, qui déclenchent des investigations internes avant que le journaliste Seymour Hersh ne révèle publiquement l’affaire en novembre 1969, en publiant son enquête sur le lieutenant Calley et le massacre.
26 militaires sont poursuivis au cours d’un procès qui s’ouvre en novembre 1970. Quatre mois plus tard, seul Calley, qui prétend pourtant avoir obéi aux ordres de son capitaine, Ernest Medina, est condamné, à la prison à vie, par la cour martiale qui retient sa responsabilité personnelle dans la mort de 22 civils.
Le président Nixon intervient trois jours plus tard pour l’assigner à résidence à Fort Benning en lieu et place d’une incarcération. Après avoir vu réduire sa peine deux fois, Calley est finalement gracié en 1974.
Si les photos prises juste après le massacre, mais publiées au moment du procès, heurtent l’opinion publique, de nombreux Américains considèrent Calley comme un bouc émissaire ayant obéi aux ordres. Le massacre de My Lai et l’issue du procès ont cependant impulsé un train de réformes progressif de la justice militaire.









