Depuis toujours, des soldats sont allés au combat en ayant absorbé au préalable quelques substances, drogues destinées à leur donner du courage. Pendant des millénaires, ce fut le plus souvent de l’alcool. Par Laurent Henninger.
Puis, dans les années 1930, des chercheurs découvrent les amphétamines. Elles présentent un avantage car ils maintiennent éveillé, alors que l’alcool a plutôt tendance à endormir. Les pilotes d’avions, a fortiori ceux en charge de missions de longue durée, comprennent rapidement tout l’intérêt de ces produits. Ceux de la RAF, surmenés durant la bataille d’Angleterre, à l’été 1940, y auront recours.
Mais, la même année, les troupes de choc allemandes font un usage abondant de pervitine. Les paras qui s’emparent des forts belges d’Eben-Emael en sont ainsi gavés. En 1954, à Dien Bien Phu, le maxiton (équivalent français de la benzidine américaine) est consommé à hautes doses. Ce qui expliquerait pourquoi certains d’entre eux ont pu résister au-delà des limites humaines. Et pourquoi d’autres se sont effondrés de façon soudaine.
Pendant la guerre du Vietnam, de nombreuses rumeurs ont couru sur la consommation de drogues par les soldats américains. Mais aucune n’a pu être confirmée. Des études menées dans les armées américaine ou britanniques font état de la prise de substances similaires par certains soldats, mais il s’agit d’initiatives individuelles, et en aucun cas de décisions collectives provenant du commandement. En revanche, il semblerait que cet usage soit depuis longtemps généralisé chez les pilotes d’aéronefs (avions et hélicoptères), notamment la dexedrine et les dextroamphétamines.






