
Ce hors-série Collector de Guerres & Histoire propose une analyse approfondie de la bataille d’Angleterre, épisode décisif de la Seconde Guerre mondiale. Il revient sur l’affrontement aérien entre la Luftwaffe et la Royal Air Force, première campagne menée exclusivement dans les airs, ainsi que sur le basculement vers le Blitz et les bombardements massifs de cités. À travers le récit des opérations, l’étude des choix stratégiques et de leurs limites, ce numéro éclaire les raisons de l’échec allemand à contraindre le Royaume-Uni à demander la paix. En s’appuyant sur une iconographie abondante, dont plus de 120 photographies colorisées, il restitue la réalité humaine et technique d’un conflit qui inaugure une longue guerre d’attrition.
La bataille d’Angleterre, un épisode emblématique
En juin 1940, à la stupeur générale, la France dépose les armes non sans avoir combattu. Une grande partie de l’Europe est désormais occupée ou contrôlée par les nazis. Seul le Royaume-Uni poursuit la guerre contre le Reich. Hitler pense soumettre Londres par le compromis ou, si nécessaire, par la force, en quelques semaines. Cependant, le refus britannique de tout arrangement diplomatique pousse l’Allemagne à recourir à la force.
La bataille d’Angleterre – la formule est employée par Winston Churchill le 18 juin 1940 avant même qu’elle ne commence, ou, pour les Allemands, Luftschlacht um England (« bataille aérienne au-dessus de l’Angleterre ») – demeure encore aujourd’hui l’un des épisodes les plus emblématiques de la Seconde Guerre mondiale. À l’échelle du conflit, elle ne mobilise pourtant que des effectifs réduits et se déroule sur un théâtre d’opérations qui se résume, pour l’essentiel, au nord de la France, à la Manche et à la Grande-Bretagne. Cependant, cette bataille, qui détonne par rapport aux autres campagnes de la guerre de 39-45, constitue à plus d’un titre un véritable tournant.
La terreur comme arme de soumission
Pour soumettre Londres à sa volonté, Hitler et son entourage envisagent un débarquement de troupes sur les côtes anglaises (opération Seelowe) précédé par une offensive aérienne. Les intentions allemandes quant à l’exécution de cette opération demeurent encore aujourd’hui un sujet de controverses. Si l’opération amphibie n’a jamais eu lieu, en revanche, l’engagement de la Luftwaffe est bel et bien lancé. Cette campagne, improvisée par le haut commandement de l’armée de l’air allemande dans la perspective d’une opération préliminaire à la traversée du Kanal, se mue bientôt en une offensive exclusivement aérienne. Elle vise à briser la volonté et la résistance des Britanniques pour obtenir un accord de paix sans recourir aux moyens militaires habituels.
La bataille d’Angleterre ne fera pas plier les Anglais
À la bataille qui oppose les deux aviations au-dessus de la Manche puis du sud-est de l’Angleterre de juillet à octobre 1940 succède la phase la plus spectaculaire, le Blitz, qui dure de septembre
au printemps 194 l. Ce front, non linéaire et non permanent, demeure néanmoins actif, avec des hauts et des bas, jusqu’à la fin de la guerre. Le Reich ne parviendra pas à détruire les défenses aériennes britanniques et à faire plier Londres, qui s’imposera comme la tête de pont alliée pour la libération de l’Europe. La bataille d’Angleterre constitue donc la première défaite allemande de la Seconde Guerre mondiale.
La bataille d’Angleterre, les bonnes feuilles















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