Il y a deux ans, les éditions du Lombard avaient parié sur une histoire de la Seconde Guerre mondiale en BD. La pari était osé car c’est toute la guerre de l’invasion da la Chine à Pearl Harbor qui était traité en 300 pages. Le succès public a donné envie de recommencé avec la Première Guerre mondiale en BD. La recette, efficace, est la même et on aime ça.
Les causes de la Première Guerre
Classiquement, le scénario plante le décor en remontant au XIXe siècle. Avec les rivalité impériales qui empoisonnent le climat européen à l’orée du XXe siècle. On peut s’attendre à entrer rapidement dans la guerre. Mais avec intelligence et justesse historique, le récit fait un détour par les crises balkaniques entre 1908 et 1911. Cet épisode relativement mal connu est pourtant un jalon qui préfigure le conflit à venir.
La suite déroule la chronologie de la Grande guerre. Les spécialistes pourront être frustrés et penser qu’il manque ci ou ça. C’est vraie. Les offensives sont évoquées sans entrer dans le détail. Dans ce format très contraint, c’est impossible, mais l’essentiel y est. Le lecteur n’est jamais perdu. Les enchainements politiques, diplomatiques et militaires sont expliqués avec clarté.
Une approche riche et originale
Entre les grandes phases et les grandes offensives, les auteurs ont choisi de glisser des portraits comme celui d’Edith Calwell ou des focus sur des batailles célèbres comme celle de Tannenberg. On trouve aussi des épisodes mythiques mais incertains comme la fameuse fête de noël 1914 qui a connu des moments fraternels entre combattants. C’est de moyen efficace d’accrocher un public peu familier de cet évènement, de le faire entrer par « la petite porte » de l’histoire.
La fin de l’album est particulièrement intéressante car tout ne s’arrête pas le 11 novembre 1918 à 11H. Les auteurs privilégient le Noël sanglant de Fiume et la présentation d’Adolf Hitler combattant de 14-18. Ils font clairement le lien avec la Seconde Guerre. C’est un choix qui les conduit à passer rapidement sur le traité de Versailles ou les conflits post 1918 comme la guerre civile russe ou la guerre russo-polonaise. Trois évènements qui ne sont pas sans lien avec le second conflit mondial. Mais il faut faire des choix.
Ce gros volume de 300 pages se lit avec beaucoup de plaisir. C’est fluide. Le récit est porté par un dessin très clair qui s’appuie sur une solide documentation photographique. On trouve aussi en fin de volume une bibliographie bien fournie et à jour des meilleures sorties.
Cette Première Guerre mondiale en BD est un outil parfait pour découvrir ce conflit majeur et donne envie d’en savoir plus.
Découvrez les premières pages
La Première Guerre mondiale en BD
Dessin Vincent Cifuentes, Scénario Arnaud de la Croix
Le Lombard, 296 p, 29,90 €










