
SOMMAIRE

Des bodyguards d’Hitler aux premiers SS en armes 1923-1933

La Schutzstaffel, ou SS, a une origine confidentielle sous la forme d’une minuscule cellule de protection dédiée à Adolf Hitler. Dissoute, recréée, constamment étendue, reprise en main par Heinrich Himmler en 1929, l’organisation constitue déjà, lors de la prise de pouvoir des nazis en 1933, le noyau d’un appareil paramilitaire tentaculaire.
Par Vincent Bernard
Himmler, le maître de l’Ordre noir

La SS est inséparable de l’homme qui l’a créée puis en a fait un État dans l’État et un instrument de terreur : Heinrich Himmler. D’apparence falote, agité de fantasmagories, le Reichsführer savait mieux que quiconque naviguer dans le maquis du Troisième Reich. Il s’est servi de cette aptitude pour étancher sa soif inextinguible de pouvoir. Et tenter de réaliser, au prix de millions de cadavres, son utopie raciale d’une inhumanité absolue.
Par Jean Lopez
Quatre rivières noires – La genèse de la Waffen-SS 1933-1939

La branche armée de la SS, officialisée en 1940 comme Waffen-SS, commence en réalité à croître dès la prise du pouvoir par les nazis, en 1933. C’est sous le regard d’une armée oscillant entre méfiance et hostilité que ses « soldats politiques » se multiplient dans l’ombre, non comme un corps unifié, mais en plusieurs courants distincts incarnés par quelques personnalités aspirant à la gloire militaire.
Par Vincent Bernard
SS-Junkerschulen – La fabrique des officiers politiques

Pour encadrer la SS dans ses missions militaires et administratives, Himmler ambitionne de constituer un corps de véritables « soldats politiques » dévoués au nazisme et au Reich. C’est dans les SS-Junkerschulen que sont ainsi formés la plupart des officiers subalternes de la Waffen-SS.
Par Nicolas Pontic
Un mythe enraciné par une propagande de masse

Pour des raisons complémentaires, Hitler, Himmler et Goebbels ont cultivé la réputation de la Waffen-SS, la rendant outrageusement décalée par rapport à ses performances sur le terrain. Une fois créé, ce mythe a été consolidé par une couverture médiatique au-delà de toute mesure.
Par Jean Lopez
L’expansion (1939-1943)

Se prenant pour la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, la Waffen-SS enfle jusqu’à devenir une armée de 400 000 hommes en 1943. Sidérante, cette expansion sert moins l’Allemagne que les fantasmes du Reichsführer-SS.
Par Nicolas Aubin
Les Waffen-SS français

« Des nazis dans l’Illinois ? On aura tout vu… » Cette réplique des « BluesBrothers » (John Landis, 1980)pourrait être transposée chez nous : « Des SS français… Vraiment… ? » Or, c’est un fait : ils furent des milliers à porter de façon plus ou moins volontaire et anticipée l’uniforme de l’ennemi et celui de son « bras politique », l’Ordre noir. Pourquoi ? Et qu’ont-ils fait affublés ainsi ? Le spécialiste français Jean-Luc Leleu répond à ces questions.
Propos recueillis par Vincent Bernard
Les faux semblants de l’Internationale SS

Jean-Luc Leleu le rappelle : la Waffen-SS n’est pas une « franchise » exportée dans les pays occupés, mais un projet politique et « racial » exclusivement allemand. Pour imposer sa loi à une échelle continentale, Himmler a cependant besoin d’hommes, que la Wehrmacht s’échine à préempter. Dès 1940 s’ouvrent les vannes du recrutement étranger. Elles ne se refermeront plus.
Par Vincent Bernard
« Les finalités de la division Handschar ne sont pas politiques, mais avant tout militaires »

Dans le contexte difficile de la fin 1942, Himmler propose d’étendre sa Waffen-SS bien au-delà des critères raciaux initialement définis. Un des premiers projets, validé par Hitler en février 1943, est de former une troupe avec des volontaires musulmans de Croatie et de Bosnie. L’unité passe par plusieurs noms successifs, mais restera connue comme la 13e division de montagne SS « Handschar ». Entretien avec Xavier Bougarel autour de cette curiosité de la Seconde Guerre mondiale.
Propos recueillis par Vincent Bernard
Seconds couteaux et premiers crimes

Pologne, France-Benelux, Balkans : les premières grandes campagnes terrestres du Troisième Reich permettent à la Waffen-SS de sortir de la méfiance que lui témoigne l’armée. Toutefois, sa brutalité assumée au service du régime frappe plus les esprits que son efficacité martiale.
Par Hervé Borg
Opération Barbarossa : la Waffen-SS ne sort pas encore du lot

Au sein de l’immense armée qui attaque l’Union soviétique, la Waffen-SS joue un rôle marginal. D’abord tenue en réserve puis préposée à la garde des flancs, et en dépit d’un revers humiliant, elle finit, durant les combats défensifs de l’hiver, par s’imposer comme une force solide, mais sans rien d’une élite.
Par Jean Lopez
Le mythe des « pompiers » du front de l’Est

Après la guerre, de nombreuses publications présentent les Waffen-SS comme les « pompiers » du front de l’Est, une force d’élite dépêchée sur tous les théâtres d’opérations en crise. Elles auraient les brèches, exécuté les missions les plus périlleuses à un contre trois et l’auraient emporté grâce à leur habileté manœuvrière et leur détermination. Savamment construit par la propagande, ce mythe repose sur quelques épisodes emblématiques.
Par Nicolas Pontic
La Waffen-SS à Koursk, quelle performance ?

Par ses conséquences stratégiques, l’échec allemand autour du saillant de Koursk fait de l’opération « Citadelle » une des plus importantes de la Seconde Guerre mondiale. Les trois divisions SS « Das Reich », « Totenkopf » et « Leibstandarte » y participent à pleine puissance. Peut-on comparer leur action à celle des unités de la Wehrmacht, voire leur faire porter le chapeau de la défaite ?
Par Jean Lopez
Les outsiders de l’Ouest (1944-1945)

Face au débarquement de Normandie, Hitler rassemble l’élite de ses Waffen-SS : « LSSAH », « Das Reich », « Hohenstaufen », « Frundsberg », « Hitlerjugend », « Götz von Berlichingen »… Il se dit persuadé qu’avec un tel poing mécanisé, si souvent efficace contre l’Armée rouge, il ne peut que repousser les Alliés à la mer. Mais le « diamant » d’Himmler s’y brise. Reconstitué dans un suprême effort à l’automne 1944, il a déjà perdu tout son éclat.
Par Nicolas Aubin
1945, la rupture finale avec le Führer

À la fin de l’été 1944, le Reichsführer et sa SS sont à l’apogée de leur puissance. Six mois plus tard, juste avant son suicide, Hitler disgracie les plus grands chefs de l’Ordre noir et qualifie de traître Himmler. Le Troisième Reich, qui survit encore vingt-trois jours à la disparition de son fondateur, tourne lui aussi le dos à la SS.
Par Jean Lopez
Procès, fuites et recyclages

Au lendemain de la capitulation de l’Allemagne, toutes les composantes de la SS disparaissent : la Waffen-SS, le personnel des camps, la Gestapo, le Service de sécurité intérieure (SD), l’Office économique et tout l’appareil administratif de la SS générale (« Allgemeine SS »). Mais les hommes, eux, ne se volatilisent pas. Du moins, pas tous.
Par Daniel Feldmann
Halychyna, une mémoire nationale empoisonnée ?

« Halychyna », la 14e division « Galicie » de la Waffen-SS, constitue, pour la jeune mémoire nationale ukrainienne, un héritage encombrant face à la rhétorique de dénazification martelée par la Russie de Poutine. Que faire de ce morceau de passé dès lors qu’on ne peut simplement l’oblitérer ?
Par Adrien Nonjon, de l’Institut catholique de Paris
Le marché de la SS se porte bien

Difficile d’échapper aux runes SS, que ce soit au cinéma, dans la presse, sur les rayons des librairies spécialisées ou dans les boîtes des wargames, dont les petits pions affichent fièrement la tenue noire préférée de bien des joueurs. C’est peu dire que depuis la fin de la guerre, le marché de la SS ne connaît pas la crise. Il se décline autour de trois matrices : diabolisation, réhabilitation, fascination.
Par Nicolas Aubin









