Que s’est- il passé le 8 janvier dans l’histoire militaire ?

8 janvier 1324 : mort de Marco Polo (Venise)
Marco Polo naît en 1254 à Venise, dans une famille de marchands prospères. À 17 ans, il entreprend un voyage avec son père et son oncle vers l’Asie. Il parcourt la Route de la Soie. Pendant 24 ans, il explore des territoires inconnus pour les Européens. Il atteint la cour de Kubilai Khan, petit-fils de Gengis Kahn et probablement l’empereur le plus puissant de l’histoire, auprès duquel il occupe la fonction d’émissaire impérial. De retour à Venise en 1295, Marco Polo est capturé lors d’un conflit naval contre Gênes. En prison, il dicte son célèbre Livre des merveilles à Rustichello de Pise. Ce dernier le rédige en français, relatant ses observations sur la Chine et l’Empire mongol. Toutefois, son récit suscite des controverses. Certains historiens doutent qu’il ait réellement atteint la Chine. Il n’a pas un mot pour la Grande Muraille par exemple. Le récit fait cependant état de précisions et de détails connus que par des contemporains proches du pouvoir mongol.

8 janvier 1676 : seconde bataille de Stromboli ou bataille d’Alicudi (au large des côtes siciliennes)
Pendant la guerre de Hollande (1672-1678) qui oppose Louis XIV à la Quadruple Alliance (Hollande, Espagne, Saint-Empire, Brandebourg), la ville de Messine, en Sicile, possession de la couronne d’Espagne, se révolte (1674). Soumise à un blocus, elle demande le soutien de la France, qui envoie l’escadre du duc de Vivonne. La première bataille de Stromboli (février 1675) met en déroute la flotte espagnole et les Français entrent dans Messine.
Mais fin 1675, la flotte de l’amiral Ruyter atteint la zone. Rejoints par quelques galères espagnoles, elle attaque, le 8 janvier 1676, un convoi de navires marchands. Malgré un vent défavorable, Duquesne manœuvre les 20 vaisseaux de ligne qui protègent le convoi, pour engager le combat. L’issue de la bataille est indécise et les pertes lourdes des deux côtés. Duquesne reçoit un éclat d’obus ou de bois au bras gauche sur son vaisseau amiral Saint-Esprit,. Mais il refuse d’être évacué, il tient son poste jusqu’à la fin de l’engagement.
Ruyter salue le talent de Duquesne. Il rapporte dans son carnet de bord, que « Je n’ai jamais vu une arrivée de l’ennemi en aussi bon ordre ; les Français ont fait des merveilles ».
Trois mois plus tard, les mêmes adversaires s’affrontent à Agosta où Ruyter est mortellement blessé. Une ultime victoire à Palerme, en juin, permet à la France de contrôler la Méditerranée occidentale.

8 janvier 1815 : bataille de la Nouvelle-Orléans (Louisiane)
Le traité de Gand, signé le 24 décembre 1814, met officiellement fin à la guerre de 1812 entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Il restaure le statu quo territorial ante bellum. Exaspérés par les restrictions sur le commerce avec la France napoléonienne que leur imposent les Britanniques et l’arraisonnement de navires américains pour enrôler de force leurs équipages dans la Royal Navy, les États-Unis avaient déclaré la guerre, y voyant l’opportunité de s’emparer du Canada.
15 jours plus tard, la nouvelle n’a pas encore atteint les rives du Mississippi. Une coalition hétéroclite de réguliers, miliciens, créoles, esclaves affranchis et pirates est réunie par le général américain Andrew Jackson.
Face à lui, l’armée britannique de Pakenham veut s’emparer de l’embouchure du fleuve pour étrangler le commerce américain et peser sur les négociations de paix. Les colonnes britanniques s’avancent en ordre serré sur un terrain détrempé, encadré par le fleuve et le marais. Elles sont décimées par les canons et tireurs américains protégés dans leurs redoutes. En moins de deux heures, la ligne d’assaut se disloque et plus de deux mille Britanniques jonchent le glacis, dont Pakenham. Les pertes américaines sont de quelques dizaines de pertes américaines. La victoire, militairement inutile car postérieure à la paix, est un formidable capital politique pour le général Jackson, qui devient le 7e Président des États-Unis en 1829.
8 janvier 1918 : présentation des 14 points de Wilson
Le président américain Woodrow Wilson présente ses Quatorze Points au Congrès, esquissant sa vision d’un monde d’après-guerre pacifique et stable. Les États-Unis, devenus la première puissance économique pendant le conflit, cherchent à imposer un monde caractérisé par le libre-échange et l’autodétermination. Wilson, s’appuyant sur les travaux d’un groupe d’experts nommé « The Inquiry », élabore un programme ambitieux visant à traiter les causes profondes de la guerre et à jeter les bases d’un nouvel ordre mondial.
Dans son discours, Wilson énonce quatorze principes clés pour la paix future. Huit points traitent de questions territoriales spécifiques, tandis que les six autres abordent des principes généraux tels que la diplomatie ouverte, la liberté des mers, le libre-échange, la réduction des armements et l’autodétermination des peuples. Le quatorzième point, particulièrement novateur, propose la création d’une association des nations, préfigurant la future Société des Nations. Les Quatorze Points deviennent la base des négociations pour le traité de Versailles, bien que les alliés européens se montrent sceptiques quant à leur applicabilité. Mais ce sont, in fine, les États-Unis qui refusent de ratifier le traité et d’adhérer à la nouvelle Société des Nations.
8 janvier 1959 : Fidel Castro entre dans La Havane (Cuba)
La prise de La Havane est l’aboutissement d’une lutte acharnée contre le régime autoritaire de Fulgencio Batista, qui a débuté en 1953 avec l’attaque de la caserne Moncada. Après des années d’exil au Mexique puis de guérilla à partir de la Sierra Maestra, Castro et ses partisans, dont Che Guevara, ont progressivement gagné le soutien de la population cubaine, exaspérée par la corruption et l’oppression du gouvernement Batista.
Le 1er janvier 1959, Batista fuit le pays. Les forces révolutionnaires, menées par Guevara et Cienfuegos, prennent rapidement le contrôle des points stratégiques de la capitale. Castro, arrivé à Santiago le 2 janvier, proclame la ville nouvelle capitale et annonce la formation d’un gouvernement provisoire présidé par Manuel Urrutia. Le 8 janvier, il fait son entrée dans La Havane, acclamé par une foule en liesse. Castro lance rapidement des réformes nationalistes, notamment une réforme agraire et la nationalisation des banques. Ces mesures, couplées à un rapprochement avec l’URSS, provoquent une rupture immédiate avec les États-Unis, plongeant Cuba au cœur de la Guerre froide. La révolution cubaine devient ainsi un symbole de résistance au capitalisme et à l’impérialisme américain, inspirant d’autres mouvements révolutionnaires à travers le continent.
Source La chronique Culturelle









