Le Musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin, accueille une formidable exposition qui retrace la vie et l’œuvre de Robert Capa. Sans discussion, cet immense artiste est aussi le plus important des photographes de guerre. Son approche du métier, la façon de photographier a laissé une trace profonde qu’on voit toujours dans les travaux de ses successeurs. Cette exposition montre à quel point, Capa a façonné notre façon de voir la guerre.

© Collection Capa / Magnum Photos
Endre Friedmann devient Robert Capa
Né Endre Friedmann à Budapest en 1913, dans une famille juive, Robert Capa est envoyé à Berlin pour suivre des cours de journalisme. L’arrivée d’Hitler au pouvoir et l’antisémitisme de plus en plus prégnant, le conduise vers Paris. Fort d’une petite expérience de photo reporter pour l’agence allemande Dephot, il fait son trou dans la presse parisienne. On peut dire que Capa s’invente à Paris en prenant ce pseudonyme qui le rend célèbre. Ce nouveau nom devient rapidement une signature, presque une marque : celle d’un photographe audacieux, capable de transformer l’actualité en images puissantes. L’exposition rappelle que cette légende s’est façonnée dans les rédactions, les magazines, les choix éditoriaux et les récits qui ont accompagné ses photographies. Sans oublier la présence à ses côtés de Gerda Tharo qui mourra en reportage durant la guerre d’Espagne

quittent la Chine. Depuis l’invasion de la Chine, les Japonais faisaient pression sur l’Allemagne pour qu’elle les force à se retirer,
Hankou, province du Hubei, Chine, 5 juillet 1938
© Robert Capa / International Center of Photography /
Magnum Photos
Capa, photographe de guerre
on métier l’accapare de plus en plus mais Capa est aussi un photographe politique. Les événements qui bouleverse l’Europe l’attirent. Il doit témoigner. C’est une photographe engagé, il choisit son camp, celui des antifascistes et de la liberté. En juillet 1936, le putsch du général France menace la République espagnole. Le gouvernement français choisit la neutralité, mais la gauche prend le parti des républicains. Gerda Taro et Robert Capa partent en Espagne avec leurs appareils, un Rolleiflex et un Leica. Le couple se sépare, tout en continuant à travailler ensemble. Tout bascule en juillet 1937 lorsque Gerda Taro, blessée à Brunete, meurt.

Capa / International Center of Photography / Magnum Photos
En dépit de ce bouleversement, la carrière de Robert Capa connaît un véritable essor. La renommée internationale vient en 1937, alors que la République espagnole se bat désespérément et que l’Europe se dirige inexorablement vers la guerre. La presse illustrée qui connait un essor sans précédent va le rendre célèbre en publiant régulièrement ses reportages.

du Fraga, Espagne, 7 novembre 1938.
© Robert Capa / International Center of Photography / Magnum Photos

© Robert Capa / International Center of Photography / Magnum Photos
Capa au cœur de la Seconde Guerre mondiale
L’exilé, sans un sou est devenu célèbre. La déclaration de guerre le remet sur les chemins de l’exil, ses amis sont dispersés, son atelier parisien fermé. « Je n’avais plus aucune raison de sortir de mon lit », écrit-il. Il part pourtant aux Etats Unis, soucieux de continuer à travailler, porté par son engagement antifasciste.
En 1941, il part pour Londres puis en Afrique du Nord en 1943 et en Italie avec les troupes alliées jusqu’à Anzio, près de Rome.

© Robert Capa / International Center of Photography / Magnum Photos
Des photographies de combats, de soldats, de blessés, de femmes éplorées jalonnent son parcours. Mais ce qu’il attend, c’est le débarquement en France et la libération de Paris, sa ville de coeur. Les images de ces deux évènements marqueront à jamais les mémoires comme sa carrière de photographe.

saut à travers le Rhin, Arras, France, 23 mars 1945
© Robert Capa / International Center of Photography / Magnum
Photos

© Robert Capa / International Center of Photography / Magnum Photos
Capa, photographe de guerre, photographe de paix
La fin de la guerre n’apporte pas vraiment la paix dans le monde. De nouveaux terrains vont attirer Capa et son Leica.
En 1946, Capa est célèbre. Il obtient la nationalité américaine en mai. Le général Eisenhower le décore de la Medal of Freedom (médaille pour la Liberté) l’année suivante. Pourtant, en 1953, ses sympathies communistes lui valent des difficultés pour renouveler son passeport.
Devenu photographe de cinéma et de mode, il s’engage également dans la création de l’agence Magnum en mai 1947, à New York, avec des amis de longue date, photographes reconnus (Henri Cartier-Bresson, Chim, George Rodger, William et Rita Vandivert, Maria Eisner). Grâce à l’agence, chaque photographe reste propriétaire de ses images et contrôle l’utilisation de sa production. Guidé par son instinct, Capa entreprend aussi des reportages filmés, pressentant l’importance future de la télévision. Capa reprend le chemin des champs de bataille en 1948 et se rend trois fois en Israël.

© Robert Capa / International Center of Photography / Magnum Photos
En 1954, il accepte de photographier la guerre d’Indochine. Il a 40 ans et il y laisse la vie.

© Robert Capa / International Center of Photography / Magnum Photos
Le « style Capa » : être au plus près
Le parcours met en lumière une manière de photographier devenue emblématique : directe, immersive, parfois dangereusement proche de l’action. Ses images ne se contentent pas de documenter les événements ; elles donnent forme à une mémoire visuelle de la guerre. En cela, l’exposition interroge aussi une question très actuelle : jusqu’où faut-il aller pour témoigner ?
Informations pratiques
L’exposition « Robert Capa. Photographe de guerre » est présentée au Musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin, 4 avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy, dans le 14e arrondissement, place Denfert-Rochereau. Elle est ouverte du mardi au dimanche, de 10 h à 18 h, jusqu’au 20 décembre 2026. Le plein tarif est indiqué à 11 euros, avec un tarif réduit à 9 euros.









