Que s’est il passe le 9 juillet dans l’histoire militaire ? Avec la Chronique culturelle
9 juillet 1429 : prise de Troyes (Champagne)

Bibliothèque nationale de France
En 1420, le Traité de Troyes dépossède le Dauphin de ses droits à la Couronne de France .
À la mort de Charles VI en 1422, le Dauphin, devenu Charles VII, affirme sa légitimité. Alors que les les Anglo-bourguignons proclament le fils d’Henri V, roi de France par. L’intervention de Jeanne d’Arc, en février 1429, l’incite à reprendre l’initiative. Après la libération d’Orléans et la victoire de Patay, la Pucelle le fait sacrer à Reims, en plein territoire bourguignon.
Sur la route , la ville de Troyes refuse l’entrée à Charles VII. Ainsi il décide d’assiéger la ville. Mais au bout de quelques jours, les provisions manquent. Jeanne prépare alors ostensiblement l’assaut sous les remparts. Les Troyens prennent peur et se rendent.
Charles VII poursuit ensuite son chemin vers Reims où il se fait couronner le 17 juillet.
9 juillet 1746 : mort de Philippe V d’Espagne (Madrid)

Louis-Michel van Loo
Petit-fils de Louis XIV, le duc d’Anjou n’était pas destiné à régner. L’absence d’héritier du côté Habsbourg et l’attitude du Roi-Soleil placent le jeune homme à la tête d’un empire affaibli. Son avènement déclenche la guerre de Succession d’Espagne. Ce conflit européen majeur oppose les Bourbons aux Habsbourg et leurs alliés. Le Traité d’Utrecht (1713) reconnait définitivement Philippe comme roi. Il renonce à ses droits sur le trône français et en abandonnant des territoires à l’Angleterre et à l’Autriche.
Durant son règne, Philippe V modernise l’administration. Il centralise le pouvoir et réforme l’armée. Mais il souffre de graves troubles mentaux, alternant crises de mélancolie et périodes d’isolement. Il abdique en 1724 au profit de son fils aîné. Louis meurt cependant quelques mois plus tard. Il contraint son filsà reprendre la couronne. Son épouse, Élisabeth Farnèse participe activement à la vie politique et assiste aux conseils. Pour apaiser ses tourments, il attire également à Madrid Farinelli. Le célèbre castrat a chanté pour le roi, chaque soir, pendant neuf ans, jusqu’à son dernier jour.
À la mort de Philippe V, la dynastie Bourbon n’est absolument pas contestée et son fils Ferdinand VI lui succède. Philippe V laisse une Espagne modernisée mais fragilisée par ses crises et la centralisation autoritaire.
9 juillet 1755 : bataille de la Monongahela (Pennsylvanie – États-Unis)

Jacques Auguste Regnier, 1834
Un an avant le début de la guerre de Sept ans, les tensions entre la France et l’Angleterre s’accroissent en Amérique du Nord et Londres décide de lancer une vaste offensive contre les forts français pendant l’été.
Le général anglais Braddock se dirige, avec 2 000 hommes et 21 pièces d’artillerie, vers le fort Duquesne (actuelle Pittsburg) qu’il compte prendre d’assaut facilement, car il n’est défendu que par 900 hommes. Le capitaine de Beaujeu, commandant français du fort, prévenu de l’arrivée de la colonne par des éclaireurs indiens, choisit de ne pas attendre et risquer de subir un siège fatal mais au contraire d’attaquer les Anglais durant leur approche. Il donne alors l’ordre de préparer une embuscade.
Mais les soldats français et les Indiens envoyés pour préparer celle-ci tombent sur l’avant-garde anglaise qui traverse la rivière Monongahela avant d’avoir pu s’organiser. Les Anglais pensant être pris dans un piège se replient, poursuivis par les Français et harcelés par les Indiens. La mort précoce de Beaujeu n’empêche pas les Français de prendre le dessus. A contrario, lorsque Braddock est mortellement blessé à son tour, les Anglais cessent toute résistance. Le jeune George Washington, engagé en tant qu’aide-de-camp volontaire, se distingue en organisant la retraite.
À titre de représailles, les Anglais déportent 8 000 Acadiens français de la colonie canadienne reprise à la France en 1713. C’est la phase la plus radicale du Grand Dérangement débuté quelques années plus tôt.
9 juillet 1860 : début des massacres de Damas (Syrie)
En 1840, le traité de Londres met fin à la guerre entre l’Empire ottoman et l’Égypte qui devient indépendante et rend la Syrie aux Turcs. Il signe aussi la fin de l’émirat du Mont-Liban, dirigé depuis 1697 par les Chebab, une dynastie sunnite convertie au christianisme (maronite).
Le Mont-Liban, intégré à la Syrie, connaît alors de fortes tensions entre chrétiens maronites et musulmans druzes. Les premiers massacres ont lieu en 1845 lorsque les Ottomans désarment les maronites. En 1860, la situation est à son paroxysme et le 26 mai, de nouveaux massacres de Maronites ne suscitent aucune réaction des autorités ottomanes, encourageant la poursuite des tueries qui atteignent Damas, le 9 juillet. De fait, le gouverneur ottoman de la ville ne réagit pas davantage lorsque les populations maronites et melchites sont attaquées, provoquant la mort de 10 000 à 20 000 chrétiens, majoritairement masculins, dont près de 5 000 rien qu’à Damas.
Des milliers de chrétiens sont cependant sauvés par l’intervention de l’émir Abdelkader, exilé volontaire à Damas depuis sa libération par le futur Napoléon III, en 1852.
L’Empereur français ordonne une expédition en août 1860, au nom des puissances européennes, pour trouver une solution politique et en juin 1861, le Moutassarifat du Haut-Liban retrouve son autonomie, dirigé par un chrétien non libanais, jusqu’en 1915.
9 juillet 1955 : publication du manifeste Russel-Einstein (Londres)
Le Manifeste Russell-Einstein, rendu public en 1955 et signé par onze personnalités, est un appel à la prise de conscience mondiale face aux dangers des armes nucléaires et demande l’organisation d’une conférence, scientifique et non politique, sur le sujet. Cette conférence est organisée en 1957, au Canada.
Dans le contexte de la Guerre Froide, alors que la menace d’une guerre nucléaire entre les États-Unis et l’Union soviétique est réelle, ce manifeste souligne l’urgence de trouver des solutions pacifiques aux conflits mondiaux et de contrôler l’usage des armes nucléaires.
Le texte met en avant les conséquences désastreuses d’une guerre nucléaire, appelant à la coopération internationale pour éviter une catastrophe. Il insiste sur les implications morales, politiques et humanitaires de la détention et de l’utilisation des armes nucléaires.
Le document est rédigé sur l’initiative de Bertrand Russell, un philosophe britannique, Prix Nobel de Littérature en 1950, et Joseph Rotblat, physicien d’origine polonaise, seul scientifique à avoir abandonné le projet Manhattan avant sa conclusion, par crainte de ses conséquences. Les réactions de Russell et Rotblat, formulées dès août 1945 après les bombardements nucléaires au Japon, forment la trame du manifeste.
Le document est signé, notamment, par Albert Einstein, en avril 1955, apportant ainsi sa caution au manifeste quelques jours seulement avant sa mort (18 avril 1955).









