Probablement pas dans la durée, mais la Tchécoslovaquie aurait pu opposer une résistance prolongée à une invasion.
Lors de la crise de Munich, l’armée tchécoslovaque est forte de 650 000 hommes. Ils peuvent atteindre 1 280 000 par la mobilisation. L’armée est divisée en quarante-six divisions dotées d’équipement moderne. Ainsi vingt-et-une d’infanterie, deux de montagne, une d’infanterie motorisée et quatre « divisions rapides » sont opérationnelles. Elle combinent unités de cavalerie et motorisée et dotées de 536 des excellents chars Skoda 35 et 38. Les Allemands les récupéreront d’ailleurs. Le reste est constituée d’unités de forteresse. Elles défendent une ligne de fortifications modernes, comparable dans certains secteurs à la Ligne Maginot, couvrant la frontière avec l’Allemagne. Les Tchécoslovaques disposent en outre d’une aviation forte de près de 880 appareils, qui bien qu’obsolescents, peuvent encore opposer à la Luftwaffe une résistance efficace.
Et la France aurait pu rapidement apporter son aide à Prague. Notre pays a mobilisé son armée pendant la crise des Sudètes. Autrement dit, les Allemands auraient probablement eu d’importantes difficultés à conquérir la Tchécoslovaquie, même avec l’aide d’alliés (Hongrie et éventuellement Pologne), et ce d’autant plus que la Wehrmacht n’est pas encore entièrement prête à la guerre (et ne peut pas encore couvrir efficacement et ses frontières orientales et celles avec la France). Les difficultés logistiques et tactiques multiples rencontrées un an plus tard face à la Pologne auraient probablement été bien pires. Signer les accords de Munich apparaît donc comme une erreur d’autant plus monumentale : une Seconde Guerre mondiale commencée en 1938 aurait bien pu s’achever par une défaite précoce de l’Allemagne. Par Benoit Bihan









